Lorsque l’on se retrouve sous l’eau, avec trop de choses à faire et pas assez de temps, notre premier réflexe est spontanément d’essayer d’optimiser les tâches les plus récurrentes, de déléguer, de repousser au plus tard.

 Mais si aucune de ces méthodes ne fonctionne, que fait-on ? Et si le problème venait en fait de vos interactions ? Trop nombreuses, énergivores, inefficaces, conflictuelles ? Dans cet article, je vous présente une méthode qui peut vous aider à y voir plus clair : l’efficacité relationnelle.

  1. Comment j’ai découvert l’efficacité relationnelle lorsque j’étais manager
  2. L’efficacité relationnelle, qu’est ce que c’est ?
  3.  Qu’est ce que cela peut changer pour vous.
  4.  Quelques exemples de l’efficacité relationnelle au travail.

Comment j’ai découvert l’efficacité relationnelle lorsque j’étais manager transverse

Avant d’être entrepreneure, j’ai été salariée pendant une dizaine d’années comme coordinatrice de projets. Je travaillais le plus souvent en binôme avec un.e responsable de projet, qui avait la responsabilité d’équipes que je devais coordonner.

Elle/lui se focalisais sur la partie métier, et moi je m’occupais de la structuration de l’équipe et de l’activité. Je mettais en place l’ensemble des outils et des méthodes pour que les membres de l’équipe puissent collaborer dans les meilleures conditions.

Au fil du temps, j’ai coordonné et travaillé avec des équipes de plus en plus nombreuses et de tailles de plus en plus grandes. Mes interventions sont devenues plus stratégiques, et donc potentiellement conflictuelles car mon pouvoir d’action grandissait lui aussi et les points de vue avec les équipes pouvaient diverger.

Lorsque je rencontrais des difficultés avec des collaborateurs, j’avais deux solutions :

    • 🎃  Soit je remontais le problème à mon binôme, qui réglait cela directement avec eux si c’était leur manager ou directement avec leur responsable. Je réservais cette solution aux cas les plus extrêmes, lorsque j’avais épuisé toutes mes ressources. Je n’ai jamais été fan de cette démarche car même si sur le court terme, cette méthode est efficace, sur le long terme elle me dessert plus qu’autre chose. M’appuyer sur la hiérarchie freine mon autonomie et complique mes relations avec ces personnes dans le temps, qui peuvent avoir le sentiment que je les ai « forcé » à faire quelque chose.
    • 🎃  La seconde méthode, celle que j’utilise 90 % de mon temps, c’est de m’appuyer sur les relations que je tisse avec les personnes avec qui je collabore.

Comprendre comment ces personnes fonctionnent, quels sont leurs objectifs, leurs visions des choses, pour que les interactions que nous ayons soient les plus fluides possibles.

C’est comme cela que petit à petit, j’ai mis en place une vraie stratégie relationnelle, pour optimiser mes relations de travail afin de gagner en efficacité, et en mieux-être aussi.

Optimiser ses relations, cela peut sembler bizarre au premier abord, et au début, j’ai eu un peu de mal avec ce concept. C’est lorsque j’ai commencé à jongler avec des réunions qui se chevauchent quasi constamment que je me suis posé des questions.

Je pouvais mettre en place tout un tas d’indicateurs, rédiger tout un tas de guides pratiques, déployer des process hyper structurés, si les personnes ne se parlent pas, et si elles n’ont pas suffisamment confiance en moi pour se livrer en cas de problème, cela ne sert à rien.

J’avais l’impression de brasser du vent et si je voulais que les choses avancent et si optimiser l’activité ne fonctionnait pas, c’est qu’il fallait optimiser autre chose.

La qualité d’une relation est la base de toute collaboration et si certes, elle a besoin d’un cadre et d’une structure pour se développer, cela ne suffit pas, même dans un cadre professionnel. Une relation demande du sens, qu’un énième process ne saurait lui apporter.

L’efficacité relationnelle, qu’est-ce que c’est ?

Cela peut regrouper beaucoup de choses différentes, mais l’idée c’est d’essayer d’interagir de la meilleure manière possible avec votre interlocuteur, en prenant en compte trois facteurs :

    • 1️⃣ Votre personnalité : je préfère partir du principe que pour les traits de caractère qui nous caractérisent, il est plus pertinent de connaître son jeu de cartes et d’interagir en connaissance de cause que d’essayer de le changer.  Ce n’est pas impossible, mais en situation de tension notamment, votre personnalité ressortira plus que jamais, donc autant composer avec.
    • Par exemple, je sais que je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout poker face, on sait tout de suite ce que je pense, juste en me regardant. Donc plutôt que d’essayer de masquer mes émotions (cela ne marche pas des masses), je m’en sers. Lorsque je ne comprends pas quelque chose, les trois quarts du temps je n’ai même pas besoin de le formuler, je sais que cela se verra, il me suffit de marquer un blanc pour que mon interlocuteur s’en rende compte. Ce sera beaucoup plus subtil que de le formuler.
    • Ou bien si une situation m’enthousiasme beaucoup, je sais que je peux me servir de cette émotion-là pour la communiquer à mon interlocuteur, qui le ressentira de façon plus forte que juste en le lui disant. Cela le marquera davantage et de façon positive.
      •  
    • 2️ La personnalité de votre interlocuteur : c’est quelque chose qui n’est pas toujours évident à cerner, notamment dans un contexte professionnel où les relations sont codifiées avec un cadre imposé. Mais quelques éléments peuvent vous mettre sur la voie : quel est son poste ? quel est son objectif ? est-ce que vous avez l’impression que son travail lui plaît ?
    • Et si vous ne savez pas, ou si vous êtes face à une personne que vous avez du mal à cerner, le plus simple est parfois de lui demander : de quoi a-t-elle besoin pour travailler avec vous dans de bonnes conditions ? Comment souhaiterait-elle que votre collaboration se déroule ? Il m’est arrivé à plusieurs reprises de poser ces questions, et c’est une initiative qui a toujours été très bien accueillie, car perçue comme une volonté que tout se déroule au mieux.
    • 3️⃣ Trouver un alignement entre vos objectifs et ceux de votre interlocuteur : pour qu’une relation fonctionne, il faut que chacun y trouve son compte. Sur le papier, cela semble facile, mais pour l’avoir souvent vécu, les objectifs des uns et des autres, notamment au travail, ne sont pas toujours compatibles. La clef est de se projeter sur le long terme, et ne pas considérer une interaction unitairement, mais la relation dans son ensemble.
    • Concrètement, cela veut dire quoi ? Que c’est du donnant-donnant, que vous ne pouvez pas toujours avoir gain de cause, et qu’il sera hyper important de prioriser vos demandes et d’identifier là où vous avez vraiment besoin d’obtenir ce que vous voulez.
    • L’une de mes spécialités pour des collaborations réussies était de maîtriser l’art du compromis. Trouver des solutions qui satisfassent les deux parties, et qui permettent à chacun d’avancer sans qu’il y ait de perdants.
    • C’est encore plus valorisant quand, en avançant sur ses projets, on permet à d’autres d’avancer sur les leurs, c’est une situation de gagnant/gagnant qui stimule, motive et entraine, et rend la relation dynamique et porteuse de sens.

C’est en prenant en compte ces trois éléments que vous pourrez vous construire votre stratégie relationnelle. J’insiste sur le « vôtre », car il ne s’agit pas d’une recette toute faite, de conseils à appliquer, mais d’une posture qui vous corresponde, et vous permette d’avancer et d’interagir en étant fidèle à qui vous êtes.

Qu’est-ce que cela peut changer pour vous ?

J’ai envie de vous dire « cela change tout ».

D’un point de vue professionnel, je pense que je n’aurais pas su coordonner autant de personnes issues de métiers aussi différents, si je n’avais pas mis cette stratégie en place. Et j’avais avec mes collègues de meilleures relations que si j’étais leur manager, car nous avions mis en place une collaboration telle qu’ils travaillaient avec moi d’abord par choix plutôt que par obligation.

Et j’étais souvent la personne que l’on appelait lorsque des situations devenaient tendues, car je savais faire diminuer les niveaux de tension, et le dialogue pouvait reprendre, car j’avais à cœur de développer des relations de confiance.

D’un point de vue personnel, je n’aurais jamais pu être entrepreneure sans cela. Sans un entourage qui me soutient et qui me recharge lorsque mes batteries sont à plat et quand je doute et que je me dis que je n’y arriverais pas. Je n’ai jamais été aussi bien entourée et soutenue que je ne le suis qu’aujourd’hui.

 Ce ne sont pas des choses qui se font d’un claquement de doigts, c’est une prise de conscience progressive, et qui, une fois entamée, apporte un nouveau regard sur sa gestion des relations et sur la façon de les considérer.

Notre entourage est un tout, et les interactions que nous avons avec lui nous apprennent que l’on ne peut pas vraiment séparer le « pro » du « perso » auu sens où, nous portons nos émotions, quelles que soient leurs provenances. Si cela ne se passe pas bien au travail, il sera plus compliqué de passer du bon temps avec les amis et de se déconnecter ou si nous avons un proche qui est malade, et que cela nous affecte, forcément cela se ressentira aussi au travail.

Nous avons besoin d’être bien entourés dans toutes nos sphères relationnelles pour atteindre un équilibre et de la satisfaction.

Quelques exemples pratique de l'efficacité relationnelle au travail

Peut-être que mes propos vous semblent un peu vagues, alors je vais vous donner quelques exemples concrets sur ce que gagner en efficacité relationnelle peut vous apporter dans un contexte professionnel :

✔  Moins de réunions et de notifications : j’en ai déjà parlé dans un épisode de mon podcast, mais pour moi, les réunions sont le symptôme d’un désalignement dans les relations. On ne se comprend pas donc on organise des réunions. On envoie des mails. On communique par messagerie instantanée. On passe des coups de téléphone. On sur-communique sans se comprendre, et on passe du temps à se parler sans s’écouter.  Alors que si vous étiez en phase avec l’autre, si vous vous compreniez, si vos visions étaient alignées… Vous n’auriez plus besoin d’être en réunion. Ni même d’y assister, ou du moins beaucoup moins.

    • ✔ Développer vos capacités collaboratives : si vous comprenez l’autre, vous travaillerez encore mieux avec lui. En psychologie sociale, c’est l’un des aspects de la dynamique des groupes : mieux on se connait, plus on construit un référentiel commun et plus on travaille facilement ensemble. Les interactions sont fluides, on anticipe les réactions de l’autre, et cela simplifie les collaborations.
    • ✔ Anticiper et réduire les conflits : c’est toujours mieux quand une relation se passe bien, mais cela n’est pas toujours possible, et fuir un conflit est rarement une bonne idée. Développer son efficacité relationnelle, c’est aussi savoir gérer des situations de tension et réguler la relation : comprendre de quoi a besoin l’autre pour abaisser son niveau tension, comprendre ce qui a provoqué le conflit, et quelle serait la solution qui convienne aux deux parties.
    • ✔ Conserver un esprit positif : il est plus facile d’être de bonne humeur lorsque l’on est entouré de personnes qui ont un mindset positif. Je sais, on ne choisit pas toujours ses relations professionnelles, bien souvent elles nous sont imposées par un cadre. Et booster son efficacité relationnelle, cela consiste aussi à repérer et à se focaliser sur les relations les plus bénéfiques et à optimiser au strict nécessaire les relations toxiques quand on ne peut les éviter.
    • ✔ Plus de bien-être : c’est, je crois, la vraie finalité de l’efficacité relationnelle : entretenir des relations qui nous permettent d’être alignés avec notre identité. Notre entourage nous renvoie aussi un peu à nous même, et agit comme un miroir. En prendre soin de lui c’est aussi prendre soin de nous-mêmes.
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C’est cela l’efficacité relationnelle : interagir mieux et bien. Moins le bullshit et plus de sens.

Et si vous gagner en efficacité relationnelle au travail, n’hésitez pas à jeter un œil du côté de ma formation « Booster votre efficacité relationnelle ». Je vous guide pas à pas comment mettre en place votre stratégie relationnelle